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Sandrine Rondard

Sandrine Rondard est une artiste peintre française, diplômée de l’École nationale d’art de Cergy-Pontoise (DNSEP) et de l’École nationale des beaux-arts de Dijon (DNAP). Son travail explore les paysages et les figures juvéniles à travers des atmosphères de seuil, souvent situées entre jour et nuit, où la lumière se trouble et où les repères se fragilisent. Nourrie par le cinéma et l’histoire de l’art, sa peinture oscille entre figuration et abstraction. Ses tableaux fonctionnent comme des fragments de récits ouverts, proches du conte contemporain ou d’un scénario en suspens. Le paysage y devient à la fois refuge et territoire troublant, espace de projection de l’inquiétante étrangeté, où la peinture elle-même demeure le véritable sujet, portée par une recherche constante de lumière, de mouvement et la transformation de l’image. À travers le travail de la matière et la dissolution progressive des formes, Sandrine Rondard ouvre un espace où l’image se dérobe, basculant vers une abstraction sensible qui laisse place à l’ambiguïté, à la perception et à l’expérience du regard.
Sandrine Rondard est une artiste peintre française, diplômée de l’École nationale d’art de Cergy-Pontoise (DNSEP) et de l’École nationale des beaux-arts de Dijon (DNAP). Son travail explore les paysages et les figures juvéniles à travers des atmosphères de seuil, souvent situées entre jour et nuit, où la lumière se trouble et où les repères se fragilisent. Nourrie par le cinéma et l’histoire de l’art, sa peinture oscille entre figuration et abstraction. Ses tableaux fonctionnent comme des fragments de récits ouverts, proches du conte contemporain ou d’un scénario en suspens. Le paysage y devient à la fois refuge et territoire troublant, espace de projection de l’inquiétante étrangeté, où la peinture elle-même demeure le véritable sujet, portée par une recherche constante de lumière, de mouvement et la transformation de l’image. À travers le travail de la matière et la dissolution progressive des formes, Sandrine Rondard ouvre un espace où l’image se dérobe, basculant vers une abstraction sensible qui laisse place à l’ambiguïté, à la perception et à l’expérience du regard.
Conte contemporain ou drame en suspens ?

Stéphanie Pioda
Journaliste, Critique d'Art

Les tableaux de Sandrine Rondard sont autant d’images mettant en scène des moments de tension qui tutoient de façon délicieusement ambigüe le malaise et la féérie. Un cadrage cinématographique généralement ancré dans un paysage campe ses « enfants sorciers », comme elle les appelle : ils traversent des forêts ou des clairières, se cachent derrière un tronc, courent ou observent cette nature qui se déploie, rencontrent ça et là des arbres aux branches menaçantes... C’est l’heure bleue, ce moment entre chien et loup où la lumière se fait troublante, parfois inquiétante et où tout devient possible.

Elle pose les jalons d’une narration en points de suspension et laisse le spectateur s’approprier la suite de l’histoire. À chacun de reprendre le déroulé du film, elle-même ne le connaît pas, elle n’a en tête que l’arrêt sur image. Ce qui l’intéresse est de capter l’attention du regardeur, de l’attirer et de le faire basculer dans son monde cousu de rêves. Chaque tableau est une fenêtre ouverte sur un conte contemporain qui n’a rien d’angélique : on est sur le fil, à l’orée d’un drame latent où les héros sont ces jeunes chamanes maîtrisant les éléments naturels. Magie noire ou magie blanche ? Le Grand Gaston auréolé de touches de lumières flotte sur une prairie-rivière, œuvrant tel un chef d’orchestre à l’unisson de la nature, surpris par notre présence. La grande masse au vert transparent de La notte reflète l’ombre de cet enfant à la silhouette esquissée, attiré par une guirlande lumineuse ou par une danse de lucioles. Rien n’est arrêté, tout est suggéré.

Quelque soit l’interprétation, le sujet reste un prétexte à la peinture, une opportunité pour jouer avec la sensualité de la matière picturale qui prend toute sa dimension à travers la liberté et l’ampleur du geste de l’artiste. C’est pour cela qu’on oscille constamment entre abstraction et figuration dans ce travail à fleur de peau. « Dans mes tableaux, il y toujours une frontière entre deux aplats, un liseré entre deux mondes qui se juxtaposent. C’est un petit personnage qui fait le lien entre deux zones abstraites. »

Avec des ciels tourmentés redevables d’un Turner et des couleurs transparentes et subtiles, Sandrine Rondard est obsédée par ces paysages qu’elle recompose : des bribes de son quotidien comme point de départ. Ses roses sont peut-être les plus emblématiques, de véritables phares accrochés à la toile titillant l’oeil qui ne peut que frétiller. Grande coloriste héritière d’un Bonnard ou d’un Gauguin, elle traque avant tout la lumière, aussi bien dans ses photographies-esquisses que dans ses tableaux. L’enjeu de la Peinture finalement.

D’ailleurs, l’histoire de l’art est son alliée mais ne s’impose jamais comme une juxtaposition de citations. Sandrine Rondard l’a intégrée et dépassée pour imposer son propre style. Ce en quoi elle crée une oeuvre singulière, une gageure à une époque où la tendance est rarement à la prise de risque.